Une opinion à deux balles
La moule peut rêver d'océan et de gulf stream, sera t'elle plus heureuse et épanouie une fois ses amarres larguées ?
Oui voyager peut être sympa, aller voir l'ailleurs, se nourrir autrement...
so what ?
Ce que j'ai aussi constaté, c'est que ceux qui voyagent beaucoup apprécient grandement de se poser, une fois passée l'excitation des changements.
Où placer le curseur personnel entre sédentarité et nomadisme ? chacun a sa réponse. La mobilité suprême au XXIème siècle est avant tout intellectuelle.
Le voyage est l'un des symboles matériels forts de l'accession à la liberté.
Trader est pour beaucoup un symbole d'accession à la liberté, comme s'affranchir du joug d'un patron, accéder à une meilleure aisance financière, aller ailleurs.
Ce sont quelques degrés de liberté.
Mais il y a d'autres libertés, probablement plus difficiles à conquérir et finalement plus essentielles.
Certaines sont quasi innées, on en perd même la conscience de leur existence, d'autres resteront toujours inaccessibles, avec ou sans voyage.
Au chapitre de l'acquis figurent par exemple la pleine possession de son corps, la nationalité du passeport, le potentiel intellectuel, l'équilibre psychologique et émotionnel etc. Tout cela peut se travailler, s'éduquer, se changer, plus ou moins, mais cela forme un socle initial.
Au chapitre des horizons interdits, donc dans l'absolu des privations de libertés, on retrouve la même liste que précédemment mais en version "pas de bol", des trucs que 10 000 heures de kiné, psychanalyse, profs etc ne sauront jamais pleinement corriger, seulement à la marge.
J'ai déjà vu des gens pleurer, oui pleurer de rage et de frustration, de me raconter qu'ils vivaient dans un pays non démocratique et de se rêver européen. Pour eux, elle était là la liberté suprême, s'exprimer. Accessoirement voyager.
J'en ai vu d'autres rêver de liberté religieuse, de liberté parentale, de liberté sexuelle, de liberté éducative et évidemment de liberté financière.
Cela varie selon les latitudes, les contextes
Cela dépend évidemment aussi du point actuel sur la pyramide de Maslow
On notera également que trader, c'est choisir une autre forme d'asservissement, d'autres maîtres. Le trader en compte propre dépend de l'organisation des marchés, du bon fonctionnement de la technologie, de son capital, de sa santé, de son équilibre psychologique...
Ainsi pour moi le but ultime du trader n'est pas du tout celui d'être obligé de se trimbaler avec son cordon ombilical aux marchés, signe de sa dépendance, mais c'est de pouvoir s'en libérer. C'est à dire avoir tradé... et ne plus du tout en avoir besoin.
Ne plus le faire par nécessité de subsistance, pouvoir arrêter 6 mois (pour un voyage ?) ou plus, ou bien pouvoir faire don de ses gains.
En conclusion, à mes yeux le trader ultime est le trader philanthrope. Il a dépassé sa propre condition, il est heureux et ouvert aux autres, où qu’il se trouve.
PS: comme nous avons eu droit à Baudelaire.
Mon poème préféré, de Kippling, Si...Tu seras un homme mon fils.
Je l’ai offert à mon fils aîné lors de 3 anniversaires (8,12,15) avant qu’il ne comprenne le message.
D’ailleurs pas complètement

, car je lui ai proposé récemment de partir étudier à l’étranger avec plus de cinquante nationalités par promotion, et il a refusé, préférant le confort d’un cursus classique français de type grande école.